Menaces sur les RASED : élèves en danger


Lundi, 17 Août, 2009
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Xavier Darcos, le Ministre de l’Education Nationale, avait annoncé la suppression de 3000 postes dans les Réseaux d’Aides Spécialisés aux Elèves en Difficultés (RASED) et leur disparition dans les trois ans. Interview de Gilles Moindrot, Secrétaire Général du SNUIPP (Syndicat National Unitaire des Instituteurs, Professeurs des écoles et Pegc), le principal syndicat des enseignants des écoles maternelles et primaires, qui a largement combattu cette mesure injuste. 

 

Hélène Orain : Quel est le bilan des RASED ?

Gilles Moindrot : Il n’existe pas de bilan précis et systématique effectué par le ministère. C’est d’ailleurs un problème. Mais les RASED sont très appréciés aussi bien par les professeurs que par les parents d’élèves. Ces réseaux ne sont pas une recette miracle contre les difficultés scolaires des enfants mais ils apportent un réel plus.

 

Pourquoi sont-ils si appréciés ? En quoi consiste ce plus ?

La principale raison est qu’avec les RASED l’école peut offrir une réponse adaptée aux difficultés scolaires des enfants. Le RASED est constitué d’une équipe qui comprend des maîtres formés pour aider les élèves qui ont des difficultés  et des psychologues scolaires qui peuvent les accompagner. L’avantage de ce système c’est qu’il apporte des solutions diversifiées à des enfants qui ne rencontrent pas tous les mêmes problèmes. En ce sens, les RASED participent des dispositifs qui favorisent la réussite de tous les élèves

 

Quelle a été la réaction du SNUIPP face à la réforme ?

La réaction a été très vive nous avons appelé à une grève le 20 novembre qui a été très suivie. Nous avons aussi lancé une pétition qui a été signée par 200 000 personnes !

 

Le Ministre a-t- il entendu vos revendications ? 

En partie. Il a annoncé qu’il ne supprimerait que 1500 postes au lieu des 3000 et surtout que les RASED seraient maintenus au lieu d’être supprimés. Il a ensuite organisé des discussions pour les faire évoluer et adapter leurs missions. 

 

Quelles sont les autres pistes pour résoudre les difficultés scolaires ?

Il faut agir en amont, pour les prévenir et les résoudre avant qu’elles ne s’installent. Nous avons besoin de mieux former les enseignants pour que l’école soit capable de faire travailler ensemble des élèves qui progressent de façon différente.

 

Donc plus de moyens pour l’école ?

Oui et non. Nous disons souvent « plus de maîtres que de classes ». Notre idée est , qu’à certains moments bien précis, il est nécessaire que le professeur ait moins d’élèves face à lui, pour faciliter la construction des apprentissages. Mais nous avons aussi besoin de souplesse et d’une meilleure organisation pour que les professeurs puissent travailler plus souvent en équipe. On sait par exemple, qu’avec plusieurs regards sur un élève en difficulté, l’école est plus efficace. Prévention et souplesse, c’est ce que font les finlandais et ça marche. 

Les réseaux d’aides spécialisés aux élèves en difficultés existent depuis presque 20 ans, notamment dans les zones d’éducation prioritaires. Le principe est de ne pas séparer l’élève de sa classe mais au contraire de l’aider au moment où il en a besoin et d’adapter l’intervention à la nature de ses problèmes. Aide pédagogique et psychologique, accompagnement des élèves pour faciliter leur adaptation à l’école sont les piliers des RASED. 7 000 enseignants spécialisés et 3 000 psychologues travaillent dans ces réseaux au service des élèves fragiles. 

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