Des quotas d’élèves boursiers dans les grandes écoles


Lundi, 15 Février, 2010
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Une vaste polémique a éclaté au sujet du nombre de boursiers dans les grandes écoles. Un système injuste de reproduction sociale est plus que jamais pointé du doigt.

Retour sur les faits : le Président de la Conférence des Grandes Ecoles, au sujet de l’instauration d’un quota de 30% d’élèves boursiers, évoque un risque de baisse du niveau si l’on met en place des voies d’admission parallèles pour étudiants de milieux défavorisés. Une maladresse d’expression de sa part qui laisse entendre que la CGE serait contre toute diversification des filières d’excellence et que l’arrivée de pauvres dans les grandes écoles ferait chuter la qualité de ces enseignements. D’où la réaction indignée de Richard Descoing, Directeur de Sciences Po Paris, et de Yazid Sabeg, Secrétaire d’état à la diversité et à l’intégration.

Selon ce dernier, les grandes écoles sont financées par l’argent public et doivent suivre la ligne politique de diversité sociale voulue par le gouvernement. S’en tenir simplement à un système de quota pour diversifier la population étudiante de ces filières revient à accepter le fait que l’école de la République ne joue pas son rôle d’ascenseur social et créé des inégalités. C’est refuser d’établir l’égalité entre les lycées en investissant massivement dans les lycées ghettos et en faisant de la mixité sociale une priorité. Il s’agit ni plus ni moins que de permettre à une minorité de bons élèves de ces lycées défavorisés d’accéder à l’excellence, hors de portée de tous les autres.

C’est donc se donner bonne conscience en disant « nous avons 30% d’étudiants boursiers dans les grandes écoles » pour faire oublier les millions de jeunes étudiants qui finiront leurs études avec un diplôme de faible valeur et dans une situation de grande précarité. C’est le principe même de la discrimination positive : en plus d’être génératrice de discrimination et d’injustice, elle mène à l’établissement d’une bourgeoisie, d’une élite communautaire alors que la vraie solution est de réformer en profondeur un système injuste.

Espérons que cette grande polémique actuelle sur les grandes écoles et les quotas ne sera pas vite estompée par le trop-plein d’informations et permettra d’engranger une pro- fonde réflexion sur le système de formation de nos élites avec à la clé une réelle volonté politique de changer les choses.

 


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