93 : Parents en colère

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Lundi, 15 Août, 2011
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A cause des absences de leurs professeurs, les élèves perdent en moyenne un an de cours tout au long de leur scolarité. Des parents exaspérés se sont mobilisés dans le 93 contre le manque de professeurs-remplaçants mais aussi pour dénoncer une réelle discrimination territoriale. Rencontre avec Gérard Ascargota, l'homme qui avait assigné l'Etat en Justice. 


«  A  voir des enfants sans professeurs, ça arrive à tous les parents. » Gérard Ascargorta en sait quelque chose. Excédé par les trous qui gangrènent l’’emploi du temps de son fils aîné au collège, il a attaqué l’’Inspection Académique en 2009 devant le Tribunal administratif. « Du 15 septembre 2008 au 9 février 2009, ce sont 62 heures qui n’’ont pas été remplacées. Mais depuis deux ans, j’’aurais pu faire un recours tous les ans. C’’est catastrophique. »

Une situation catastrophique que le Ministère pourrait résoudre de façon mathématique. « Le problème, c’’est le contingent de remplaçants. 24 sur Epinay. Il suffit juste à combler les manques en début d’’année. Le moitié ou le tiers des remplaçants --il est difficile de connaître les chiffres et ils sont souvent sujet à caution- sont sur des postes fixes dès le début de l’’année. La solution serait qu’’on mette plus de remplaçants pour remplacer plus tôt. Mais les moyens ne sont pas là. »

Une situation catastrophique que Gérard Ascargorta et des parents d’’Epinay expliquent aussi par la géographie. « La Seine-Saint-Denis est un département d’’où beaucoup veulent partir et où peu veulent venir. Le 93 a une mauvaise réputation à laquelle je ne souscris pas. Cela fait dix ans que j’’y habite et quinze ans que j’’y travaille. Un fort taux de la population est d’’origine immigrée. Peut-être est-ce l’’explication ? S’’ajoute à cela le fait qu’’Epinay est au bout du département. Comme il y a plus de postes ouverts, le concours pour les professeurs y est plus facile d’’accès. Nous avons beaucoup d’’enseignants jeunes qui n’’habitent pas le département. Pensant qu’’elles vont être rapidement mutées là où elles habitent, ces personnes ne déménagent pas et souvent font des trajets très longs. L’’année dernière, nous avions une prof qui faisait le trajet depuis Lille. » Ce qui multiplie les risques d’’absence. « Les congés maternités sont normalement prévus, mais un congé pathologique ou des arrêts maladie fréquents du fait d’’une grande distance pour se rendre sur son lieu de travail ne peuvent pas être prévus. »

Attentifs, les parents d’’Epinay, souvent adhérents à la FCPE, ont noté qu’’il y avait en moyenne 15 % d’’enseignants absents sur toute la ville. A l’’Inspection Académique, on sourcille, on ne comprend pas. « Leur théorie c’’est « plus on met de remplaçants, plus les profs sont absents ». Ils ont toutes les données pour faire une étude là-dessus, mais ils s’’en gardent bien car elle ne serait pas à leur avantage », lance Monsieur Ascargorta, un brin persifleur.

Au printemps de cette année, les parents d’’Epinay se mettent en colère comme on se met en grève.«Il y a un très fort taux d’’absence en maternelle sur Epinay. Nous en avons eu ras-le-bol et avons occupé le bureau de la directrice dans l’’école de mon fils pendant plus d’’un mois. Il s’’agissait d’’une occupation administrative pendant les heures d’’ouverture de l’’école qui s’’est faite en bonne intelligence. Concrètement, ce sont les parents qui répondaient au téléphone mais n’’hésitaient pas à passer la di- rectrice s’’il y avait une urgence. Et le travail dans les classes n’’en a pas souffert. »

Dans la foulée, un collectif de parents et d’’enseignants se met en place entre Saint-Denis, Saint-Ouen et Epinay qui rédige un appel « pour que l’’école redevienne prio- ritaire » et organise une conférence de presse très médiatique.

Au final, la mobilisation aura été payante sur le court terme puisque Epinay obtient trois remplaçants supplémentaires en plus d’’un contingent d’’étudiants qui effectuent leur stage. Sur le moyen terme, c’’est moins sûr, même s’’il est déjà acquis qu’’il n’’y aura pas de suppressions de postes sur le département. « Nous, on va avoir deux remplaçants de plus car on en a pris ailleurs. C’’est le jeu des chaises musicales. Comme les pompiers, on en a eu deux parce qu’’on a gueulé. C’’est une magouille. Mais ça fera toujours un de moins que cette année. » De plus, la deuxième revendication des parents en colère concernant un « remboursement » des heures perdues à cause des absences risque peu d’’être suivie d’’effet. Pour chaque heure non remplacée, les parents demandent qu’’un deuxième enseignant soit présent dans la classe pour le même nombre d’’heure afin de rattraper ces cours sans en augmenter le nombre.

Saisie par les parents en colère d’’Epinay pour discrimination territoriale, la Halde rap- pelle que celle-ci ne figure pas dans la loi. Concernant la plainte de Gérard Ascargorta, le Tribunal Administratif a annulé la décision de rejet de la demande de remplacement des professeurs et demandé à l’’Inspection Académique de mettre en place, dans les deux mois, le protocole de remplacement, selon le décret du 26 août 2005, au sein du collège de son fils. « C’’est une victoire à la Pyrrhus », conclut, amer, Gérard Ascargorta. « Le Tribunal demande que le protocole soit appliqué, or il est inapplicable. »

 

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