« Renforcer le pouvoir d’agir ! 


Lundi, 26 Décembre, 2011
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Leur ambition c’est de créer du lien social. Mais un lien de qualité, qui repose sur une éthique et qui implique les personnes dans un projet, dans un chemin qu’ils se proposent de les aider à parcourir. Les animateurs des centres sociaux ont certes de l’ambition mais surtout les moyens de cette ambition pour faire de ces lieux d’échanges et de rencontres des recettes sociales qui marchent.


« Renforcer le pouvoir d’agir », c’est le crédo auquel les centres sociaux et socioculturels ont décidé d’adhérer. Disséminés à l’ombre des tours des villes, dans les campagnes, quartiers chics ou quartiers chocs, ils sont environ 2 000 sur le territoire français. Du tout petit enfant au retraité qui veut donner un coup de main, jusqu’aux mamans qui vivent une forme d’isolement, ces lieux de vie s’adressent à tous les habitants du quartier, quelques soient leur âge, sexe, statut. Que l’on ait un problème à résoudre ou une solution à proposer, une idée, un projet, une envie, il n’y a qu’à pousser la porte pour être entendu, écouté. « Ici, on fait du lien. C’est le principe. Pas du lien social creux dont on entend parler dans les médias. Il s’agit d’un vrai lien », précise Jean-Luc Grolleau, délégué de la fédération des centres sociaux du Languedoc-Roussilon. Accueillir les individus là où ils en sont dans leur parcours personnel selon les trois principes de la Charte fédérale qui régit les centres sociaux : dignité, solidarité, démocratie. « Ce qui fait que les centres sont différents les uns des autres, c’est qu’ils dépendent des endroits où ils se situent », précise Jean-Luc Grolleau.

 

Ferment de l’autonomie, ce lieu de convergence doit œuvrer pour le bien de chacun et pour le bien de tous. « Souvent, les gens viennent avec une question qui les concerne. Ce qui nous importe, c’est qu’ils obtiennent des réponses mais qui profitent à tous. C’est pour cela que nous travaillons avec eux. » S’impliquer dans le parcours scolaire de leurs enfants a permis à des parents de participer à des mouvement de parents d’élèves alors même que leur enfant n’était plus dans l’établissement ou la classe concernés par la mobilisation. « C’est une démarche collective qui a des vertus citoyennes », reconnaît Jean-Luc Grolleau.

 

Fédérateur, le centre social ne peut agir sur l’individu sans mobiliser son entourage, sa famille, rouages essentiels de liaison. « C’est obligatoire », affirme Jean-Luc Grolleau car les centres sociaux sont également financés par la CAF (Caisse d’Allocations Familiales) par le biais d’une branche famille. « Nous sommes des acteurs de la famille », poursuit-il. « C’est une cellule de fonctionnement dans la société qui a du sens. »

 

Participatif, le centre social associe « dans l'action et dans les instances consultatives et délibératives, des habitants auteurs et acteurs du "projet social", des administrateurs bénévoles et des salariés qualifiés acquis au projet », selon sa Charte. C’est ainsi que, en accord avec le principe de démocratie émis par cette même charte, les décisions sont prises de façon collective à l’occasion d’un vote et largement et ouvertement débattues.

 

Mais ce qu’il est surtout frappant de constater, c’est que ceux qui ont reçu partagent souvent le bénéfice qu’ils en ont tiré. A l’image de telle directrice, ancienne bénévole du temps de son adolescence et ancienne habitante du quartier, ou de cet éducateur, ancien jeune qui a passé la plupart de ses vacances au vert grâce au centre social, le système est une formidable machine à créer de la citoyenneté, et arrive à s’autoalimenter, à susciter des vocations, à faire bouger les êtres plus que les lignes. Une mission d’éducation populaire, dont les centres sociaux sont indéniablement des acteurs de premier plan, parfaitement remplie.

 

Christine Chalier

 

(photo : © Fédération des centres sociaux et socioculturels de France)

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