La responsabilité sociale des entreprises : réel engagement ou écran de fumée ?


Lundi, 15 Février, 2010
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Le green-washing est une pratique décriée outre-Atlantique selon laquelle des entreprises financent de larges campagnes publicitaires dans lesquelles elles abattent des slogans criards vantant leurs faux efforts environnementaux.


Qu’à cela ne tienne, la RSE est un principe volontaire dans le droit international, communautaire et dans la législation française. Cependant, depuis la loi sur les nouvelles régulations économiques de 2001, les entreprises cotées sont tenues de publier des informations sur l’impact social et environnemental de leurs activités. Libre aux entreprises de déterminer leur méthodologie, or les sanctions juridiques à l’encontre d’une communication outrancière et ne reflétant pas la réalité de l’effort poursuivi n’existent pas.

La RSE recoupe de nombreux domaines : la formation des salariés, les régulations des politiques RH contre les discriminations, la diminution des pollutions liées à l’activité, la création de Fondations d’entreprises, l’adhésion à divers labels... Ici et là, on serait tenter de saluer les efforts des entreprises pour améliorer leur impact environnemental. Or, ce que reprochent les nombreux spécialistes du développement durable dans son acception la plus large, c’est que chaque entreprise a une libre interprétation des priorités mais aussi de ses efforts, alors que les normes sont souvent dictées par les entreprises elles-mêmes.

La RSE ne s’inscrit pas dans une stratégie globale de l’entreprise, elle est en marge, et c’est encore largement les stratégies commerciales qui dictent les changements à opérer. L’entreprise attend une contrepartie de son effort : sur le court-terme un reçu fiscal ou une prime, et à plus long terme une amélioration de l’image de marque. Il est injuste et anormal qu’elles bénéficient d’une contrepartie plus importante que l’effort fourni. La communication de l’entreprise vis-à-vis de son implication sociétale doit être contrôlée et sanctionnée, sans quoi certaines d’entre- elles continueront à récolter les fruits d’une implication prétendue.

Nous devons encourager les entreprises réalisant de réels efforts à continuer de mener ces opérations car, en définitive, elles sont bénéfiques pour la société. Seulement, la législation est nécessaire pour développer la RSE de manière globale et efficace. Et le contrôle et la sanction sont intimement liés à cette première. Cette démarche doit, non seulement émaner de la volonté des citoyens que nous sommes, mais aussi et surtout, des salariés et de leurs représentants les mieux à même d’exiger travailler pour une institution respectueuse de la société et de l’environnement.

 

 

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