Racisme dans le football : mais qui est l’exemple ?


Lundi, 17 Août, 2009
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Alors que le football professionnel commence, enfin, à prendre en main le problème du racisme dans les stades, les amateurs, quant à eux, sont de plus en plus témoins d’actes xénophobes…

 

Le 2 juin dernier, le Tribunal Correctionnel de Belley condamnait un footballeur amateur de Lagnieu à quatre mois de prison avec sursis et à 100 heures de travaux d’intérêt généraux. Cette condamnation relance l’éternel débat de la xénophobie dans le foot. En effet, une récente enquête de la LICRA fait état de près de 1500 actes de ce type, par an, dans le football amateur. Un chiffre pour le moins inquiétant.

Hermann Ebongue, Membre du Bureau National de SOS Racisme confirme « toutes les semaines, on m’appelle pour des actes de violences, d’insultes, de racisme au niveau amateur. » Un constat s’impose, le problème du racisme est loin de concerner uniquement les  stades de Ligue 1. Pourtant, avec la loi du 5 juillet 2006, relative à la prévention des violences lors des manifestations sportives, la France s’est dotée d’un arsenal juridique prévoyant notamment interdictions de stade et dissolution de groupe de supporteurs violents et racistes. Une avancée pour le football professionnel certes mais pour le foot amateur tout reste à faire. Il va du ressort de l’arbitre d’arrêter les matchs en cas d’acte de racisme mais, chaque année, dans le football amateur environ 3000 incidents (incivilités, violences verbales, violences physiques) concernent directement les arbitres. Comment faire reposer sur l’épaule de l’arbitre la responsabilité du bon déroulement d’un match si lui-même n’arrive plus à se faire respecter ? 

La Licra a ainsi passé une convention avec la Fédération Française de Football et le Secrétariat d’État au Sport pour sensibiliser tous les arbitres et les pousser à inscrire systématiquement tous les actes racistes dans les rapports de match.

Hermann Ebongue va plus loin, selon lui, il faudrait : « mutualiser les approches, les solutions judiciaires, éducatives et militantes, des pouvoirs publics et répressifs, avec la participation de l’ensemble des acteurs du football ». 

En effet, que ce soit pour la question du racisme ou pour celle du respect de l’arbitre, l’élite se doit d’être exemplaire. Un club professionnel qui cède à des supporteurs racistes, des joueurs pros, qui ne respectent plus l’autorité arbitrale, sont autant d’indices qui montrent que l’élite du football ne joue plus son rôle. La solidarité et l’exemplarité, envers les amateurs, doivent redevenir des valeurs fortes chez les professionnels sans quoi rien ne sera possible. 

 

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