1ère nuit du testing européen


Lundi, 14 Février, 2011
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La première action européenne menée dans le cadre d’un réseau nouvellement créé : l’EGAM (European Grassroots Antiracist Movement) s’est déroulée dans la nuit du samedi 5 mars.


Après plus de 4 mois de préparation – certaines ONG n’avaient jamais organisés de testing – la « première nuit du testing européen » s’est ouverte dans la nuit du 5 mars 2011.

Le « testing boîte de nuit », opération phare de SOS Racisme, démultiplié cette nuit là au niveau européen, entend dénoncer les pratiques discriminatoires vécues quotidiennement par les personnes qui « n’ont pas la bonne couleur de peau ». Outil de sensibilisation de la société civile, il révèle une « atmosphère particulièrement nauséabonde » qui recouvre le vieux continent.

23 heures. Loïc Rigaud - responsable du Pôle Anti-discrimination de SOS Racisme - donne les dernières recommandations à ses testeurs parisiens. Au même instant, dans 10 autres pays européens, les mêmes rappels sont prodigués aux militants des ONG participants à cette opération.

Cette nuit là, l’entrée des bars, restaurants ou boîtes de nuit ont été testés, simultanément, dans 15 villes européennes. Résultat : 35 de ces établissements ont refusé de laisser entrer le groupe de testeurs stigmatisé : Roms, Noirs, Arabes, chaque pays semble avoir son quota d’indésirables…

Benjamin Abtan, secrétaire général de l’EGAM, joignable en permanence par les différents organisateurs des multiples actions, se tient informé des résultats. Ses trois téléphones portables sonnent en permanence. Les comptes rendu des opérations pleuvent, les résultats aussi.

En Albanie, par exemple, les Roms ne parviennent pas à franchir la porte de 4 restaurants/bar sur 6. L’excuse d’une réservation préalable nécessaire est mise à mal quand le groupe des « blancs » ne rencontre aucune difficulté pour obtenir une table… Les noms des établissements qui discriminent ne seront pas communiqués « pour des raisons de sécurité ».

En Espagne, 8 discothèques - sur 9 testées - pratiquent des discriminations raciales à l’entrée. Au choix, certaines discriminent les Noirs, d’autres les Arabes. Aucune les blancs.

Au Brystol, à Besançon, un couple d’origine maghrébine s’est vu refuser l’entrée de la discothèque. Quelques minutes plus tars, un couple de type « européen » n’a pas retenu l’attention du vigile. Celui-ci, prenant alors conscience d’être filmé, a caillassé le photographe qui supervisait l’opération.

Ce sont autant d’exemples, parmi d’autres, du déroulement de la soirée des testeurs qui ont affronté le monde de la nuit pour pouvoir révéler au grand jour les pratiques discriminatoires beaucoup trop récurrentes des « nightclubs ».

Benjamin Abtan, secrétaire général de l’EGAM, juge « inquiétants » ces résultats qui révèlent qu’« un peu plus d’un établissement sur deux discrimine des personnes sur une base ethnique ». 

Ces opérations de testing, qui mettent en avant la discrimination raciale dans des pays où le phénomène raciste et les discriminations sont des sujets tabous, permettent de sensibiliser le grand public. L’événement, couvert par des équipes de journalistes aux quatre coins de l’Europe, son impact devrait être d’autant plus fort. A terme, SOS Racisme souhaiterait que les pays puissent s’en servir comme mode de preuve de la discrimination devant les tribunaux. Admise en France, SOS Racisme portera plainte contre les 5 boîtes de nuit française qui ont refoulé le groupe de « noirs » et celui d’ « arabes » ce samedi 5 mars 2011.

Des testings contre les discriminations raciales dans l’accès au logement et dans l’emploi sont au programme de ce réseau antiraciste européen… A suivre.


Muriel Girard

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