Thomas Cook : hôtels en Tunisie interdits aux Tunisiens !


Mardi, 21 Janvier, 2014
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Les hôteliers, la société FRAM et la responsable de l’agence de voyage THOMAS COOK fermaient leur porte aux citoyens tunisiens, leurinterdisant de séjourner pour leurs vacances dans leur propre pays.

En mai 2007, Madame Bartman, de nationalité française, se rend avec son compagnon, Monsieur Jarboua, de nationalité tunisienne, dans une agence de voyage THOMAS COOK dans le but de procéder préparer leurs vacances d’été en Tunisie. Ils sont reçus par une employée de la société qui contacte le service de réservation de FRAM, organisateur de voyage, en se mettant sur haut-parleur téléphonique.

 

En apprenant la nationalité de Monsieur Jarboua, l’interlocutrice énonce alors que « les personnes de nationalité tunisienne ne sont pas acceptées à l’hôtel ». Sur les conseils du vice-président de SOS Racisme, quelques jours plus tard, elle retourne à l’agence et contacte à nouveau le service de réservation de FRAM. Même réponse. Ne pas être tunisien semble être la condition sine qua non pour que le service accepte de lui vendre le séjour.

 

Lors de son audition, la responsable de l’agence déclare qu’une telle directive émane des autorités tunisiennes, celles-ci s’accordant le droit de poursuivre pénalement les hôteliers s’il était découvert qu’un couple, tunisien-français, non marié partageait la même chambre. Selon elle, « il s’agirait de respecter la notion de mariage au regard de la loi coranique ». Or, selon les autorités tunisiennes : « aucun texte de loi n’interdit cela ». La responsable de l’agence de voyage demande finalement à son employée que la mention « client averti que les personnes tunisiennes sont interdites à l’hôtel » soit inscrite sur le bulletin d’inscription : il s’agit de prévenir le client d’un risque de refus d’accès à l’hôtel sur place, afin de se dégager de toute responsabilité éventuelle.

 

Toutefois, sur le fondement de la législation pénale en vigueur, l’intention discriminatoire consiste en la conscience et la volonté de traiter différemment une personne en raison de sa nationalité. C’est ce qui ressort indéniablement de l’attitude de l’agence tout au long de ses échanges avec Madame Bartman et Monsieur Jarboua. En conséquence, SOS Racisme portait plainte auprès du procureur d’Evry, lequel déclenchait une enquête. La Maison des Potes – Maison de l’Égalité relance le procureur de la République.

 

Patrick D.

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