Patrimoine culturel étranger : les trésors mieux accueillis que les visiteurs


Lundi, 20 Janvier, 2014
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A partir du 4 avril 2009, l’accès aux collections permanentes des musées nationaux, ainsi qu’aux monuments nationaux est devenu gratuit pour les jeunes de moins de 26 ans…ressortissants des seuls pays de l’Union européenne.

 

La mesure destinée à promouvoir l’accès démocratique à ce service a été annoncé par le Ministère de la Culture le 1er avril 2009.

 

La mesure adoptée, qui devait être une formidable avancée, limite ainsi la gratuité des musées et monuments nationaux aux seuls ressortissants de l’union européenne appartenant à cette tranche d’âge, excluant ainsi les jeunes non ressortissants, qu’ils soient résidents ou non. De fait, cette décision exclut les jeunes étrangers non communautaires résidant régulièrement sur le territoire national, tandis que de simples touristes de passage, venant de l’un des pays de l’Union, peuvent en bénéficier.

 

Par ailleurs, cela crée une inégalité entre touristes européens et non-européens. Le ministère de la Culture indique qu’élargir cette mesure à tous ne serait pas économiquement viable.

 

L’argument économique semble absurde lorsqu’on sait que ces jeunes extra européens ne représentent que 2,5% de la clientèle. Cette délibération est donc totalement arbitraire et constitue légalement une discrimination.

 

Aussi, les jeunes extra-européens seraient-ils moins susceptibles de s’intéresser au patrimoine collectif de nos musées ? Pire: un jeune égyptien aurait-il moins le droit de découvrir au Louvre les trésors de Toutankhamon, un jeune africain d’accéder aux masques sculptés de ses ancêtres et un jeune indien d’Amérique de s’émerveiller devant les parures de ses aïeux, exposés au Musée des Arts Premier ?

 

L’association SOS Racisme, par la voie de Samuel Thomas, avait donc décidé de former un recours administratif devant le Conseil d’Etat pour faire cesser cette rupture du principe d’égalité et permettre à tous les jeunes, sans distinction de nationalité, d’accéder aux trésors issus des quatre coins du monde qui reposent dans nos musées

nationaux. Le 18 janvier 2013, le Conseil d’Etat a donné raison à l’organisation antiraciste.

 

Suite à cette décision, la Maison des Potes – Maison de l’Egalité se constitua parties civiles dans les onze dossiers afin de relancer les plaintes classées sans suite par les Procureurs qui estimaient la circulaire légale, contredits désormais par la Haute juridiction administrative.

 

La Rédaction

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