Ahmed Serraj : L’antiracisme est le renouveau de l’éducation populaire

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Mercredi, 1 Août, 2012
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Pote à Pote n°130, Mars 2011

Ahmed Serraj est directeur du Boulevard des Potes à Bordeaux, une association qui depuis 20 ans est aux côtés de la Fédération Nationale des Maisons des Potes. Antiracisme et éducation populaire sont les mots d'ordre de cette association fortement implantée dans son quartier.

Julien Vanhée : Bonjour Ahmed, vous êtes directeur du Boulevard des Potes à Bordeaux, pouvez vous le présenter à nos lecteurs ?

 

Ahmed Serraj : Le Boulevard des potes est une association de lutte contre le racisme et les discriminations, agréée d’éducation populaire, issue du mouvement antiraciste des années 80. A partir de ces orientations, nous développons un certain nombre d’actions à la fois d’animation urbaine, de formation, et de sensibilisation à la lutte contre les discriminations mais aussi d’éducation à la citoyenneté et à d’éducation contre les discriminations auprès des lycéens, collégiens, des CFA, maisons familiales et rurales, nous avons aussi une action dans tout ce qui concerne le droit des étrangers et de la nationalité. Notamment les modalités de déclaration de la nationalité française pour les jeunes nés en France de parents étrangers, ce qui renvoie à la question du droit du sol, qui a évolué depuis 1993 avec un mixe entre droit du sol et droit du sang. C’est aussi un lieu de rencontre culturel, de valorisation des expressions autour de la peinture, théâtre, cinéma... Tout ce qui per- met de prendre en compte les expressions culturelles comme étant des expressions à part entière, et pas uniquement dans une approche folklorique ou exotique.

Le BDP est donc un lieu d’initiatives citoyennes mais aussi de transmission de connaissances et de savoirs, à travers les questions de lutte contre le racisme et les discriminations, de citoyenneté.

 

J.V. : Tu nous parlais du mouvement antiraciste, qu’a-t-il apporté lors de sa rencontre avec l’autre grand mouvement de l’éducation populaire ?

 

A.S. : Le mouvement antiraciste des années 80 s’inspirant fortement de la tradition

d’égalité, d’émancipation, de promotion sociale mais aussi de conscientisation de la société sur des sujets tels que la lutte contre le racisme ; le mouvement antiraciste est, en tout cas à notre sens, une des relèves de l’éducation populaire sur ces 20 dernières années. Il est dans une tradition, mais il est aujourd’hui le renouveau de l’éducation populaire, en tant que lieu de débats, mais aussi lieu d’enjeux démocratiques et citoyens.

 

J.V.: Penses-tu qu’il y a un soutien de l’état et des collectivités à ce mouvement d’éducation populaire antiraciste ?

 

A.S.: Toutes les associations subissent des coupes budgétaires. Plus globalement, sur l’ensemble des associations, il faudrait plus de temps pour déterminer... Il y a les grandes fédérations, plusieurs secteurs dans le monde associatif, le monde sportif, le monde social, les droits de l’homme, les questions du handicap, environnementales, les associations de quartiers... Tout dépend de la taille des associations. Avec cette offensive contre les associations, notamment cette forte réduction de financement des associations, certaines disparaitront plus vite que d’autres, du fait de leur taille et de leur précarité structurelle, organisationnelle et financière. A fortiori, tout ce qui est anti- raciste n’est pas inscrit en tant que tel sur des lignes budgétaires, ce sont des associations qui sont et seront fortement visées par les fortes réductions de subventionnement public.

 

J.V. : Comment nous, associatifs, pou- vons contrer cela ?

 

A.S.: Ici, à Bordeaux, nous avons monté une conférence départementale avec une cinquantaine d’associations, telles que la ligue de l’enseignement, SOS Racisme, France Libertés, et bien d’autres... Celle-ci a comme objectif premier de faire prendre conscience de l’intérêt général, de l’utilité qu’ont les associations dans notre vivre en- semble au quotidien.

Les associations agissent à travers toute une série d’initiatives locales et nationales... Un territoire, une ville, un pays sans ses associations, c’est porter fortement atteinte au pacte républicain, à la cohésion sociale et au vivre ensemble. Et même au principe d’égalité, déjà assez fragilisé.

 

Propos recueillis par Julien Vanhée

 


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