La Nuit des Sans-Toit


Lundi, 26 Décembre, 2011
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Près de 8 millions de personnes souffrent de mal logement en France. Un problème lié à une précarité rampante qui gangrène notre société.

 

(crédit photo : NPA)

 

Mercredi 2 novembre, 20 heures. Sur l'esplanade de la préfecture de Bobigny, environ 150 personnes sont réunies. Elles dansent, chantent, et leurs voix viennent frapper les murs des bâtiments administratifs, s'amplifient dans la pénombre, attirent les curieux. On pourrait croire qu'ici, ce soir, on fête un heureux événement. Et pourtant...

 

Si tous ces gens sont là, c'est pour dénoncer une situation de crise du logement et de l'hébergement qui jette chaque jour un peu plus de monde à la rue. La majeure partie des présents est constituée des expulsés des « Sorins », cette usine de Montreuil où squattaient près de 300 personnes depuis des années, évacuée le 30 juillet dernier sur ordre du Préfet Lambert. Depuis, ils ont installé un campement de fortune avec les tentes et duvets fournis par des voisins solidaires, sur un stade, toujours à Montreuil.

 

Ils sont 150 ce soir mais ils devraient être beaucoup plus nombreux... beaucoup ont préféré aller à la Courneuve, où d'autres expulsés (ceux de la « Tour Balzac ») occupent depuis plusieurs semaines la place de la Fraternité. Plus pour longtemps : le tribunal vient de signifier l'autorisation d'évacuer le campement. (L'expulsion sera finalement effective le lundi 7 novembre).

 

La résistance s'organise

 

Ils sont 150 ce soir mais combien sont-ils, anonymes, à dormir dans leur voiture, à attendre que l'huissier frappe à la porte (la trêve hivernale ne s'applique pas aux squatteurs), à utiliser les hôpitaux comme ultime lieu d'hébergement... 300 000 personnes seraient en France privées d'habitat.

 

Alors, face à un gouvernement qui nie les faits et persiste à fermer les centres d'hébergement, la résistance s'organise. A Bobigny ce soir, les soutiens sont venus. Des partis politiques (NPA, Parti de Gauche...), des particuliers, des associations (Le DAL)... Au-delà de cette soirée, ils continueront au quotidien à apporter leur aide aux mal-logés, à porter haut et fort leurs revendications, à exiger la mise en place d'un véritable service public du logement. On estime à plus de 8 millions le nombre de personnes rencontrant des problèmes de logement (habitat vétuste, menaces d'expulsion, cohabitation non choisie...). Entre le mal-logement et l'absence de toit, chacun prend conscience que la frontière est ténue. Et qu'il est urgent d'agir.

 

 

Juliette Prados

Conseillère municipale du Parti de Gauche Montreuil



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