Hamou Bouakkaz, militant du quotidien


Lundi, 17 Août, 2009
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« Exclu par la « norme », constamment confronté à des problèmes d’accessibilité, issu d’un milieu populaire où les soucis du quotidien rythmaient ma vie, je sais exactement de quoi me parlent les militants associatifs que je côtoie. » Difficile de trouver un rôle qui conviendrait mieux à Hamou Bouakkaz que celui qu’il occupe à la mairie de Paris. Après une vie passée à surmonter les obstacles les plus divers, et en premier lieu sa cécité, l’élu est, depuis mars 2008, maire adjoint chargé de la démocratie locale et de la vie associative. Une nouvelle étape sur un chemin qui en compte déjà beaucoup.

 

« Mes parents n’auraient jamais fait le voyage si je n’avais pas été malvoyant. Mais ma cécité était trop compliquée à traiter en Algérie ». Hamou Bouakkaz arrive en France à l’âge de treize mois avec sa famille. Son enfance dans une cité de Bezons (95) est pleine de souvenirs heureux, entourée par l’affection de deux sœurs, d’un frère et de parents « qui n’ont jamais baissé les bras et qui ont toujours voulu le meilleur pour moi ». Très vite, il est placé dans un internat spécialisé. Une bonne scolarité avec des enseignants « particulièrement attentifs ». Il finira par décrocher un diplôme d’ingénieur de l’école nationale supérieure des télécommunications. Jusqu’ici, donc, tout va bien. Tout s’assombrit avec l’entrée dans la vie active. « Les entreprises ont peur d’investir sur nous. Qu’on nous donne une place et ça leur sera pourtant rendu au centuple. On a davantage de capacité à se sortir du pétrin : on se bat contre des obstacles du matin au soir », pointe-t-il en gardant toujours la même tonalité de voix, avec des yeux qui ne quittent jamais l’horizon. En 1993, il entre au Crédit Lyonnais comme trader. Mais finit par se lasser. «J’ai toujours été un militant de la cause associative, finit-il par lâcher. Le virage vers la politique a été évident ». Il s’engage, auprès de Bertrand Delanoë en 2001, pour mieux satisfaire son envie d’agir concrètement. Et mesure, au vu de son parcours, l’ampleur de la tâche dans le domaine associatif. « Je sais combien il est difficile pour une majorité de citoyens de trouver le temps et la porte d’entrée pour tout processus participatif ». Mais Hamou Bouakkaz sait aussi que les obstacles sont faits pour être surmontés.

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