Stéphane Hessel : un être humain complet


Mercredi, 27 Mars, 2013
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L’hommage d’Edgar Morin à Stéphane Hessel

« Nous sommes ici une grande famille que l’admiration, l’amitié, l’amour, l’estime pour Stéphane Hessel ont réuni. Aux Invalides, on a rendu hommage à l’homme de la Résistance, à l’homme de toutes les résistances qu’il a menées au cours de sa vie, à ce héros. Mais il faut voir aussi tous les autres aspects de cet être multidimensionnel et qui m’ont toujours frappé : sa bonté, sa bienveillance à l’égard d’autrui, son ouverture, sa douceur, son humanité. Les malheureux qui ne comprennent pas que sa position de vérité pour la Palestine est due à son humanisme, à sa compassion, à sa bonté, ceux-là errent complètement. « Indignez-vous », tel était le titre en effet de cet ouvrage fameux. Mais dans les mots « indignez-vous », il y a la revendication, la dignité, ce qu’ont manifesté tous les indignés de tous les différents pays du Maghreb, d’Espagne et d’ailleurs. Ce n’était pas seulement des revendications matérielles, c’était reconnaître leur dignité et la dignité de tous les humains et c’était le fondement de son humanisme. Aujourd’hui je voudrais surtout montrer sa relation profonde entre son sentiment de poésie, d’émerveillement devant la vie et sa résistance et sa révolte. En effet, Stéphane, on le voyait dans son regard, regardait tout avec douceur, amitié, compréhension, avec un sens de la beauté. S’il aimait tellement la poésie, les poésies qu’il récitait et qu’il faisait réciter, c’est parce qu’il avait le sens de ce qu’avaient bien compris les surréalistes, de la poésie de la vie, la poésie du vivre qui est communion, fraternité, amitié et amour. C’était cette poésie qui le faisait vivre et qui le rendait capable de s’émerveiller. C’est justement dans cette capacité de s’émerveiller et d’aimer qu’il puisait l’énergie et la force de se révolter contre les horreurs de ce monde, contre les indignités, contre les cruautés, contre les dominations. Et c’est, je pense, ce qui est le plus extraordinaire dans sa nature. Le figer dans un personnage d’indigné est une vision unilatérale. Il faut aussi voir ce côté merveilleux d’humanité que nous pleurons aujourd’hui parce qu’il fut rare, il fut exceptionnel.

 

Stéphane Hessel fut un homme, un être humain complet. Je ne vois pas de faille, de lacune. Je le vois aussi sous tous ses aspects, on aspect privé, son aspect personnel, son aspect politique, son aspect social, et toujours les bonne causes, les justes causes, la cause des malheureux, la cause des opprimés, la cause des inconnus. C’était ça, je crois qu’il faut reconnaître en lui cette totalité, cet exemple d’humanité, sincère. Merci, merci Stéphane. »

 

 

Crédit photo :

Pontificia Universidad Católica de Chile

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