« Et pour que Marianne chante à nouveau »


Lundi, 15 Août, 2011
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Gilles Le Bail, délégué général de la Fédération française des MJC, président du CNAJEP (Conseil National des Associations de Jeunesse et d'Education Populaire), explique comment il faut faire de l'islam un atout pour la France. 


Alors que les peuples du sud méditerranéen montrent que le monde musulman bouge, la France ne donne-t-elle pas l’’impression qu’’elle reste centrée sur elle- même en relançant à nouveau un débat sur la place de l’’islam dans la république française ? Depuis plus de 23 ans et l’’affaire du foulard à Creil, le débat sur l’’islam est réactivé régulièrement par les gouvernants français.

 

Même si le débat sur l’’islam peut être légitime, le calendrier électoral lui donne un sens particulier. Le risque est grand que ce débat renforce une nouvelle fois, les amalgames et les stigmatisations dont font l’’objet les musulmans en France. Il y a régulièrement confusion entre l’’islam, l’’immigration, l’’insécurité et l’’extrémisme religieux. Cette confusion est entretenue par le parti d’’extrême droite, ainsi que par une partie de la majorité actuelle. On l’’a bien vu au cours du débat sur l’’identité nationale, les dérapages furent nombreux et les questions de fond comme l’’adhésion au projet républicain ne furent jamais abordées.

 

Ainsi, c’’est une nouvelle fois agiter les peurs, les différences alors qu’’en France, les habitants ont besoin de faire société, à savoir retrouver ce qui fait la cohérence et le partage entre eux. Faire de l’’islam un atout pour la France, c’’est évoquer les ressources qu’’il propose, c’’est valoriser sa participation à la vie de la société. C’’est réunir les français sur ce qui les rassemblent et non sur ce qui fait leurs différences. On ne peut que s’’interroger sur cette stratégie politique qui peut masquer une incapacité à proposer un réel projet de société pour sortir de la crise, redresser l’’économie, résorber le chômage ou réduire les inégalités, affirmer les valeurs universelles de la république française.

 

Ainsi, initier ce débat, en période électorale va à l’’encontre des nombreux thématiques abordées dans mon dernier ouvrage : « Et pour que Marianne chante à nouveau ». En effet, dans une société française en proie au doute et de plus en plus divisée, il est indispensable de retisser le fragile lien social et re-situer l’’homme au cœœur de l’’action publique. Il faut replacer l’’éducation et la participation au centre du projet de recons- truction d’’une citoyenneté responsable. Comment redonner du sens à un projet humaniste et réduire la distance entre les élus et le citoyen ? Comment assurer à la jeunesse qu’’elle est bien l’’avenir de notre société ? Comment imaginer une économie où l’’homme serait au centre des décisions ? Au-delà des constats et du sentiment d’’indignation, « Et pour que Marianne chante à nouveau » propose des orientations pour dessiner la société de demain, mais surtout met en évidence le socle de valeurs communes des français.

 

Pointer la question de l’’islam, comme c’’est le cas en France, c’’est sous entendre qu’’il pourrait y avoir une incompatibilité vis à vis des valeurs républicaines et de la laicité. Les questions soulevées dans l’’actualité comme la construction des mosquées, ou les prières dans la rue, demandent le plus souvent uniquement l’’application de la Loi de 1905 dans son volet technique, sans démagogie et en sortant de l’’idéologie.

 

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