Notre priorité : Combattre l’’extrême droite et le FN


Lundi, 15 Août, 2011
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L'égalité et la fraternité, principes fondateurs de notre République, n'existeront pas tant que nous aurons un Front National à plus de 10% dans le paysage électoral. Tribune d'Amar Thioune, militant antiraciste et politique, confronté cette année comme beaucoup d'autres à des militants frontistes. 


Dans les années qui viennent l’’antiracisme et particulièrement SOS Racisme doit réussir à renvoyer le Front National d’’où il vient, à savoir un groupuscule minoritaire, raciste et antisémite qui ne pèse pas dans le débat public. Pour cela, nous devons persuader les français attirés par la préférence nationale et ces thèses racistes à faire le pari du système républicain pour construire une France plus juste et plus égalitaire. La mobilisation militante et citoyenne lors du concert pour l’’égalité du 14 juillet a montré que c’’était possible.

 

La lutte contre l’’extrême droite est essentielle en raison de sa vision xénophobe, raciste, homophobe et antisémite. Ce combat est incontournable pour permettre la victoire de nouveaux droits et faire de l’’égalité une réalité. En effet, tant que le FN disposera de 15 à 20% d’’intentions de votes aucune nouvelle victoire en matière d’’égalité, de lutte contre les discriminations ou pour un meilleur accueil des étrangers ne sera possible. Marine Le Pen et son discours de haine joue comme un pistolet sur le camp républicain l’’empêchant d’’affronter les difficultés sans passion.

 

La fin du cordon sanitaire autour du FN

 

Sentant le danger politique et l’’enracine- ment de l’’extrême droite, lors des régionales de 1998 des élus de la Droite républicaine cèdent dans plusieurs régions à la tentation d’’une alliance avec le Front National pour battre la Gauche (Rhône Alpes, Hérault…). Le camp antiraciste et républicain, SOS Racisme en tête, a dénoncé ces graves dérives et a permis de faire éclater une bonne partie de ces alliances. Grâce au travail de notre association, le Front National a été condamné dans plusieurs de ses tentatives de mettre en œœuvre des politiques racistes et discriminatoires comme cela fut le cas à Vitrolles.

 

La défaite de Lionel Jospin et de la Gauche dès le premier tour de la présidentielle, le 21 avril 2002 apparut comme un coup de tonnerre. Pourtant, elle est le résultat de 20 ans de reculs et renoncements sur nos sujets. Les Républicains se réveillent le 22 avril avec la gueule de bois car ils ne se doutaient pas comme le disait Brecht que « Le ventre est encore fécond, d’’où a surgi la bête immonde ». La bête immonde est revenue essentiellement à cause de l’’échec des partis de gouvernement à proposer des solutions à la crise économique et aux enjeux de notre société métissée.

 

Malgré de nombreuses propositions en fa- veur d’’une société métissée ayant à cœœur l’’Egalité, le projet de société que SOS Racisme incarne n’’a pas réussi à trouver l’’écho nécessaire auprès des décideurs français. La course aux électeurs FN et la prétendue lutte contre l’’insécurité ont monopolisé l’’action gouvernementale au détriment de la politique de la ville et des actions citoyennes.

 

L’’Instrumentalisation des thèmes du Front National par la Droite républicaine et l’’absence de solutions à Gauche

 

Dès son entrée au Ministère de l’’Intérieur en 2002 et dans la perspective des présidentielles de 2007, Nicolas Sarkozy construit son image, sur la revendication d’’un discours se voulant «décomplexé», notamment sur l’’insécurité et l’’immigration. Il ratisse large sur sa droite pour être élu Président de la République. Il bafoue les valeurs de la République avec le Ministère de l’’immigration et de l’’identité nationale faisant croire que l’’immigration est une menace pour la France et en instituant la notion d’’identité nationale particulièrement réductrice, ethnocentrique et essentialisante. Son Gouvernement et son parti l’’UMP instrumentalisent les thèmes de l’’Extrême Droite avec le débat sur l’’identité nationale. Ils libèrent la parole raciste. Le projet des tests ADN renforce l’’imaginaire de l’’immigré potentiellement délinquant. Et enfin le discours de Grenoble scelle un choix délibéré de Nicolas Sarkozy de diviser les français et de jouer avec les relents nationalistes. Cette stratégie a remis le Front National au centre du débat politique public autour de ses thèmes de prédilection tels que l’’immigration, l’’insécurité ou l’’islam.

 

La Droite a couru après les électeurs FN en se réappropriant certains de ses thèmes, mais le siphonage des voix fron- tistes a échoué ; la Gauche, quant à elle, malgré des prises de positions en faveur de la défense d’’un idéal républicain social et d’’ouverture manque de courage et de force de propositions. Elle est demeurée incapable d’’empêcher la régression des droits (en particulier en matière de droits des étrangers ou de justice des mineurs) et trop souvent silencieuse sur la question du vivre ensemble.

 

Les déçus de nos gouvernants et des partis de gouvernement se tournent de plus en plus vers l’’Extrême Droite qui s’’est re- nouvelée avec l’’arrivée de Marine Le Pen, celle-ci ayant lissé son discours pour embellir l’’image de son Parti. Manifestement, le cordon sanitaire républicain instauré grâce à SOS Racisme dans les années 80 a dis- paru, le refus de choisir entre les candidats FN et ceux de gauche lors des élections cantonales de 2011 le démontre. Il nous faut le reconstruire en responsabilisant ceux qui seraient tentés de sacrifier leur honneur pour des postes.

 

En 2011-2012, SOS Racisme devra œœuvrer à déconstruire le discours du Front National, démonter le mensonge de son « lissage marketing » et combattre partout les tenta- tions d’’alliance. SOS Racisme doit porter au niveau européen et international ce combat à travers une lutte sans précédent contre le Front National en France et l’’Extrême Droite en Europe. La bataille des idées se joue désormais à cette échelle ; nous devons être présent et peser dans les débats du Parlement européen, de la société civile eu- ropéenne, et travailler de concert avec les autres organisations européennes agissant contre l’’extrême droite. L’’unité d’’action des antiracistes doit devenir une priorité pour SOS Racisme. Aucun espace, aucun territoire européen ne devra être négligé.

 

 

Amar Thioune Président de SOS Racisme Rhone-Alpes

 


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