Lotfi Ben Khelifa: «Redonner du crédit à la politique»


Lundi, 15 Août, 2011
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Lofti Ben Khelifa, maire-adjoint de Vénissieux, affronte l'aile dure du FN. Il analyse les causes de la puissance de ce parti dans les milieux populaires.


Àla veille d’’élections présidentielles et législatives et au vu du contexte actuel où le Front national est au plus haut dans les sondages et de surcroit représenté dans 2 conseils généraux avec 2 sièges grâce à un transfert de voix de l’’UMP vers le FN ; Chacun de nous doit en faire l’’analyse et comprendre les raisons qui poussent nos concitoyens au vote extrême. La défaite de la gauche aux présidentielles de 2007 a ses raisons. Parmi les facteurs qui nous interpellent : l’’abandon des quartiers populaires par les partis politiques traditionnels a laissé la place au vote extrême et à l’’abstention qui gagne de plus en plus de terrain au plan national, surtout dans nos quartiers populaires. L’’abandon des classes ouvrières par les partis traditionnels : c’’est le résultat du 21 avril 2002 avec le parti socialiste et la gauche balayés dès le premier tour et le FN au second tour. Le rejet de toute politique par les habitants des quartiers parce que l’’impression de n’’être que les boucs émissaires des maux de la société, n’’avait pas été comprise, ce qui a coûté à la gauche un échec cuisant àux élections présidentielles et législatives de 2007.

 

Après cet électrochoc d’’avril 2002 et malgré 15 ans de gouvernance successive, la droite a été reconduite en 2007, en chassant sur les terres du FN en ajoutant de la confusion : insécurité, karcher, immigration, islam… Pourtant, l’’identité nationale, l’’immigration, le sentiment d’’insécurité ne sont que les priorités secondaires des français (E.Todd, Marianne 03/ 2011) les principales priorités de nos concitoyens sont l’’emploi, le pouvoir d’’achat, le souci de pouvoir se nourrir et payer ses factures. Le FN promet une sortie de l’’euro, une gestion de la France par des français et non par les technocrates de Bruxelles, il vend du rêve, de l’’utopie à ceux qui n’’ont plus d’’espoir, il véhicule le populisme.

 

Dans la perspective de reconquérir le pouvoir en 2012, il faut apporter des solutions économiques et sociales concrètes et réalistes, à la hauteur des attentes de nos concitoyens. Arrêter les délocalisations, favoriser l’’installation d’’entreprises pour créer de l’’emploi -malgré des taxes élevées sur notre territoire-, taxer davantage les plus riches, miser sur les métiers de l’’avenir, favoriser l’’employabilité deschômeurs, des jeunes, etc.

 

Etat providence

 

Notre Etat doit se réinspirer des principes de l’’Etat providence, afin d’’assurer plus d’’égalité et de justice sociale et de rétablir l’’équilibre social grandement mis à la mal par les années de gouvernance de la droite.Pour redonner du crédit à « la politique », il faut aussi faire en sorte que l’’égalité des citoyens - de tous les citoyens, qu’’elle que soit leur origine-, qui est inscrite dans nos principes républicains depuis plus de deux siècles, soit réellement effective.

 

Cette logique d’’égalité passe notamment par la prise en compte de la diversité des candidats aux diverses élections, puis au sein de nos institutions politiques, dans le plus simple respect de la représentation fidèle de la population française. C’’est garantir la paix sociale et la cohésion dans les quartiers populaires. Il faut aussi prendre en compte une des pré-occupations majeures de l’’électeur qui veut se sentir protégé et rassuré. Le protectionnisme territorial et la solidarité nationale ne doivent pas être évacués du débat, tout comme la sécurité.


 

Lotfi Ben Khelifa, Maire-Adjoint de Vénissieux

 


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