Roms : les victimes oubliées de Ceausescu


Lundi, 16 Août, 2010
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Libérés de leur statut d’esclaves, les Roms furent forcés de se fondre dans la population roumaine sous Ceausescu. Une intégration violente qui les pousse aujourd’hui encore à la fuite vers l’Europe de l’Ouest.

 Un cycle de violence sans fin. C’est ainsi que les Roms perçoivent leur histoire. Venue des Indes vers l’an 800 sur les territoires qui allaient devenir la Roumanie actuelle, cette population a connu le pire sous le régime du dictateur Nicolae Ceausescu, entre 1965 et 1989. Anciens esclaves, considérés comme sémites par les nazis qui les exterminent, les Roms ont sous le  régime Ceausescu de un statut inférieur. Pour « homogénéiser » à ses yeux la population du pays, il leur fait subir une féroce politique d’assimilation.

Les Roms sont d’abord obligé de quitter leurs métiers traditionnels pour travailler dans l’agriculture, en remplissant des tâches non qualifiés dans les fermes d’Etat. Dans un souci d’uniformisation, le pouvoir central « roumanise » aussi leur habitat par la sédentarisation forcée. Ces derniers sont fixés dans des maisons construites spécialement pour eux en périphéries des villes rurales. Plus tard, les voilà placés dans des immeubles aux banlieues de villes. Loin de s’intégrer, les Roms sont considérés comme des envahisseurs. Les relations se tendent et les ghettos de misère se forment.

De peur que les Roms ne soient plus nombreux que les autres Roumains, les enfants sont placés dans des orphelinats où sévissent épidémies de sida et cholera. Souvent, le manque de moyens des parents empêche une scolarisation complète. Résultat: le taux d’analphabétisme reste très élevé, le manque de formation leur interdit les métiers qualifiés. Un cercle vicieux qui explique qu’une grande majorité des membres de l’ethnie Rom reste en marge de la société. Ceux qui s’adaptent aux mesures prises par le régime le font au prix de la perte d’identité. 

Beaucoup entament à cette époque une fuite vers les pays d’Europe occidentale. Le racisme latent et les discriminations hérités du régime dictatorial roumain les poussent encore aujourd’hui à des voyages vers une vie supposée meilleure à l’Ouest. Plus que la culture, c’est la misère et la peur qui les motivent : seuls 5% des Roms sont nomades par tradition. En France, Ils seraient une dizaine de milliers d’après les ONG.

 

Hayat Gazzane – Ressources Urbaines

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