Interview de Thierry Brackmart, militant antiraciste


Lundi, 1 Février, 2016
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A l’occasion du 30éme anniversaire de SOS racisme, la fédération nationale des Maison des potes  a organisé le 8 juillet dernier  une soirée  anniversaire avec les militants et  militantes qui ont créé le mouvement des potes et qui ont organisé le concert du 15 juin  1985

Pote à pote : pourriez-vous vous présenter ? 

 

Nathanaël Hull : Je suis compagnon de route de la fédération de la maison des potes. Bloggeur, journaliste et militant antiracisme depuis les années 80.

 

Pote à pote : quel souvenir vous gardez de l’année  85 ? 

 

Nathanaël Hul : Moi 85, j’ai le souvenir de ne pas être à paris, j’étai à Albi  une petite ville du sud de la France préfecture du Tarn. En fait avec SOS racisme j’ai fait ma première formation en militantisme, puisque dans mon collège, le collège louis Rascol, ou  je vendais des petites mains d’SOS racisme. C’est  à cette époque qu’on s’est  rendu compte mes camarades et moi, qui étions tous issus de milieu populaire, que la bataille  antiracisme n’est pas gagné et que ce n’est pas par ce qu’on vient de milieux populaire, que nos copains s’appellent Pablo ou Mohamed ou Ali, éventuellement Nathanaël ou Christophe que les choses vont de soi. Le  discours d’exclusion, de haine qui débouchera un an plus tard sur 33 députés Front nationale à l’assemblée, a déjà bien avancé au saint de la population. Cela s’explique de différentes manière, mais moi  à l’époque je l’ai  pris  assez viscéralement puisque j’avais l’impression que le fait de  rejeter  mes potes c’est me rejeter moi aussi. Quand on dit touche pas à mon pote, pour moi c’est quelque chose que je vis de manière très intime. Je n’avais que 14 ans,  mais je me  sentais complétement concerné   par ce combat la malgré le fait que nous n’étions pas nombreux à Elbi.  En tout cas ce sont ces premiers moments-là qui m’ont appris  ce qu’est la confrontation, le débat et même des fois le débat assez vif, qui tourne en bagarre, ce qui est naturel pour  un collégien de 14 ans. 

 

Pote à pote : quelle est la différence entre le lycéen que tu as était à Albi et les lycéens d’aujourd’hui, pourquoi sont –ils moins engagé ? 

 

Nathanaël Hull : Je ne suis pas sûr  qu’ils soient moins engagés. Je pense que les formes d’engagement sont différentes. Elles sont plus ponctuelles sur des sujets données, ils sont beaucoup moins encré dans la durée comme on pouvait l’être à l’époque. Ce sont des formes d’engagement qui ont mutés, les outils d’engagement passent beaucoup plus par les réseaux sociaux, mais j’ai pu constater dans la ville ou je travaille, Vitry sur seine, qu’il y a des gens qui s’engagent pour aider les autres. Il y- a une association que je connais bien, qui s’appelle « Jeunesse Solidaire »   il y a des gens que moi je considère  comme jeune et qui sont capable de monter une radio pour les quartiers (new V-O radio ) l’espoir n’est pas perdu, il y-a même de l’engagement de longues durée qui s’installe, mais cela reste différent de nos actions de l’époque et c’est probablement normale, car l’époque n’est plus la même, le milieu social a changé également, moi personnellement je suis issus d’une famille qui a  vécu et participé aux évènements de MAI 68. Ils m’ont également élevé dans l’idée que la crise allait passer et que les inégalités ne duraient  pas. Des choses que peut être la génération d’aujourd’hui a intégré comme durable et donc ils se mobilisent autrement sur d’autre sujets sur lesquels ils l’impression d’avoir prise. Il faut être attentif à ça mais je sais que la  fédération des maisons des potes  y est attentive et que ses fédérateurs  sont sensibles  à tout ce qui change dans la société. 

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