Interview de Harlem Désir, Président de SOS Racisme de 1984 à 1992


Lundi, 1 Février, 2016
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A l’occasion du 30éme anniversaire de SOS racisme, la fédération nationale des Maison des potes  a organisé le 8 juillet dernier  une soirée  anniversaire avec les militants et  militantes qui ont créé le mouvement des potes et qui ont organisé le concert du 15 juin  1985.  Ce  concert  était  le premier en ce genre  organisé par les potes, il avait  été organisé en vue de combattre le racisme et de promouvoir l’égalité. Il  a concrétisé et célébré  la création de SOS racisme en 1984

Pote à pote : Quels sont les moments forts que vous avez connus en tant que président de SOS racisme ? 

 

Harlem DESIR : Les souvenirs forts se bousculent, ce soir  c’était très émouvant  de revoir le film d’Alain périssons et de  kaissa Titous   sur la concorde, qui est un film sur SOS Racisme en fait.  Un moment très très important dans notre histoire. Quand on revoit ce  film, on se dit  qu’on a eu beaucoup de chance, car il y-a  eu beaucoup d’artistes  Des artistes et humoristes, notamment Smain et Coluche,  et tous ceux qui se sont mobilisé  pour que cet évènement ait lieu : des chaines de télévision ,  le ministère de la culture (jack lang), des sociétés qui ont  acceptés de sponsorisé le concert, pleins de gens qui nous ont fait confiance, des intellos comme Bernard Henry Levy, Marek Halter, Max Gallo.

 

 On avait 24-25 ans, certains d’entre nous même  moins, et on a mobilisé en quelques mois   des centaines de milliers de gens de jeunes surtout, qui portaient la petite main, qui  créaient une sorte d’ambiance de rapport de force, face à l’extrême droite et le racisme  insidieux qui s’était installé et était lié au contexte économique de l’époque.  Nous sans doute étant issue d’une génération  métissé, mélangée, on avait l’intuition que la riposte se devait de s’inventer sous des formes nouvelles et surtout culturelles, incluant la musique, le mode de vie, faire de cette diversité une richesse pour la France.  Nous étions un  groupe qui se  constituait  de militants, étudiants de seine saint- Denis et finalement ce qui est arrivé nous a dépassés, car beaucoup de gens attendaient ça.

 

Pote à pote : Cette énergie que vous aviez, comment  voulez-vous la transmettre en tant que ministre aujourd’hui ? 

 

Harlem DESIR : En tant que ministre,  même  quand j’étais député européen, je reste marqué par cet engagement, tout comme les anciens  copains qui n’ont pas forcément suivi le même  parcours politique, ou n’ont tout simplement pas fait de politique et qui suivent une carrière  professionnelle dans l’entreprise ou  l’administration. Je crois que les valeurs que nous avons défendues à ce moment-là, une  certaine idée de la France  qu’on aime,  des Lumières,  valeurs de la république, c’est ce qui nous a marqué.  On voudrait le transmettre, mais c’est à chaque géneration   de  réinventer le combat antiraciste, le combat pour  la fraternité, le combat pour l’humanisme. 

J’ai juste envie de dire continuez, car il existe toujours une extrême droite et  un populisme encore plus virulent que ce qu’on a  connu non seulement en France mais dans plusieurs pays de l’Europe. Cela s’explique  par la montée de l’extrême droite d’une part mais aussi par le  terrorisme, qui menacent à eux deux l’unité de la France que nous tentons d’instaurer.

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