Qu'avez vous fait pour les Femmes ?!


Lundi, 16 Avril, 2012
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Mathilde Ohin, militante féministe au sein de la Fédération Nationale des Maison Des Potes interpelait le 4 juin dernier Sandrine Mazetier, élue socialiste de Paris lors de nos Rencontres Nationales. La militante dresse un bilan sévère sur les violences faites aux femmes et l'élue répond sur le manque de visibilité de l'action menée sans que cela se sache...

MATHILDE OHIN Tout le monde a vu ce qui se passe sur le terrain. C'est notre vécu de tous les jours avec les femmes dans les quartiers populaires. Lorsque, en 2003, la Fédération avait organisé la Marche contre les ghettos et pour l'égalité, elle a fait 23 villes dans toute la France et elles ont été reçues partout par rapport à des revendications : le logement, le travail, l’égalité, mais nous sommes en 2011. Qu’avez-vous fait ? La question que j’allais vous poser maintenant : qu’allons-nous faire maintenant par rapport il y a quelques années ? Les choses sont restées intactes. Rien ne bouge dans les quartiers. Ma question, aujourd’hui, par rapport aux dix revendications : le logement d’urgence. Nous avons demandé les logements d’urgence! Lorsqu’on voit les femmes qui arrivent avec les bébés sous les bras, leur matelas sur le dos, leurs casseroles dans les mains, comment faire ? Ou alors, elles dorment dans les jardins en attendant des propositions, des solutions, ou alors, elles deviennent des SDF, dans la rue. Nous avons vu aussi par rapport aux violences. Toutes les cinq minutes, une femme est violée, toutes les cinq minutes, en France! Nous voyons les actualités aujourd’hui. Personne n’en parle et ne dit rien. Aujourd’hui, le voile se lève, les violences sexuelles. Je ne cite personne, mais tout le monde est au courant de tout ce qui se passe, mais cela se cache. Mais que fait-on aujourd’hui pour loger toutes ces femmes dans des logements en sécurité, pour qu’elles vivent parce que c’est un droit : l’accès au droit. Qu’en fait-on ? Que proposez-vous aujourd’hui concrètement ? Qu’avez-vous fait et qu’allons-nous faire ?

SANDRINE MAZETIER Je vais réagir sur la proposition sur les violences faites aux femmes, d’abord pour dire que cette proposition a naturellement tout notre soutien. En 2007, la gauche a perdu les élections. C’est une grave erreur parce qu’effectivement, sur le plan de la violence faite aux femmes, et pas seulement sur le plan de la violence physique mais sur le plan de la violence du fait qu’il y ait 30 % d’écart salarial dans ce pays entre les hommes et les femmes depuis des décennies et que cela ne bouge pas, sur le plan des violences dans les représentations où on a à choisir entre l’hyper sexualisation du corps de la femme ou le fait d’être toujours représentées comme des victimes. Tout cela, ce sont des séries de violences sur lesquelles la gauche a des propositions, le parti socialiste a des propositions.

 Qu’avons-nous fait ? Dans cette législature, une mission parlementaire a travaillé pendant plus de six mois sur les violences faites aux femmes. Personne n’en a entendu parler parce que, au même moment, une autre mission parlementaire travaillait sur le voile intégral. Alors qu’il y a une femme qui meurt tous les trois jours en France, que cette mission s’est extrêmement bien déroulée – je peux d’autant mieux en parler que je n’en faisais pas partie – qu’un travail considérable a été fait, que, chose tout à fait exceptionnelle, il y ait eu une proposition de loi issue de cette mission d’information qui a été adoptée à l’unanimité ; vous savez, l’unanimité, dans l’univers politique, j’ai beaucoup entendu parler de les politiques. Les politiques, c’est comme les Arabes, c’est comme les femmes, cela n’existe pas. Il y a des politiques qui ont des convictions et qui s’opposent entre eux. Il est très exceptionnel d’avoir l’unanimité. Il y a eu l’unanimité. Personne n’en a entendu parler. On est aussi co-responsables, nous les parlementaires de ne pas réussir à faire savoir le travail mené et de ne pas être attentifs aux suites des lois. En fait, les foyers, c’est déjà prévu par des lois, d’ores et déjà. C’est donc après à toutes les collectivités territoriales d’être interpelées pour savoir comment elles les réalisent, comment elles les installent pour que ce ne soit pas forcément la ville dans laquelle la femme est victime d’un membre de sa famille violent où elle se retrouve installée parce qu’on sait ce que cela donne.

Propos choisis par Edith Meli

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