Construisons des centres d'hébergement d'urgence pour les femmes victimes de violence


Lundi, 16 Avril, 2012
Logo

Sergio Coronado est un des nombreux militants qui sont passés par le syndicalisme lycéen (FIDL) et étudiant (UNEF) avant de rejoindre le monde politique. Aujourd’hui propulsé directeur de la campagne d’Eva Joly, il est également candidat EELV-PS pour les français installés en Amérique Latine et aux Caraibes. Il s’engage pour notre proposition féministe.

La violence contre les femmes est un fléau mondial. Candidat du rassemblement de la gauche et des écologistes (PS/Europe Ecologie les Verts) sur la deuxième circonscription, c’est une triste réalité qui sévit durement en Amérique Latine et dans les Caraïbes. Ce sont les viols dans les conflits armés, ce sont aussi les violences domestiques, c’est aussi le souvenir douloureux des meurtres des femmes de Ciudad Juarez.

A l'échelle mondiale, pas moins d'une femme sur deux a fait l'objet d'actes de violence de la part de son compagnon et une femme sur cinq a été victime ou menacée d'agression sexuelle. Plus de 80 % des victimes de la traite – que l’on appelle d’ailleurs traite des femmes - sont des femmes. Chaque année des centaines de milliers de femmes sont victimes de mutilations sexuelles. Et les violences ne vont pas en diminuant. Leur expansion n'est qu'en partie liée à leur médiatisation, qui les rend plus visibles et quantifiables, ou à l'accroissement de la population mondiale. Certaines formes de violences à l'égard des femmes ont été combattues avec succès. De nouvelles - ou d'anciennes ravivées - les ont remplacées et sont en expansion. . En Amérique Latine, les mouvements féministes se sont développés après la chute des différents régimes autoritaires en place durant les années soixante-dix et quatre-vingt.

Il est clair que le législateur doit agir davantage. Pour cela, il faut en effet construire des centres d’hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences dans les villes et agglomérations de plus de 30 000 habitants. C’est une urgence. Une loi contre les violences faites aux femmes a été adoptée sous cette mandature à l’unanimité de la représentation nationale.

Les dispositions que la loi comporte - création d'une ordonnance de protection, mise en œuvre d'un délit de violences psychologiques, nouveaux droits pour les femmes étrangères, nouvelles mesures relatives à l'autorité parentale, obligation pour les bailleurs sociaux de réserver des logements aux femmes victimes de violences et des chambres en cités universitaires pour les étudiantes concernées – doivent permettre une meilleure protection des femmes, une plus grande répression des auteurs de ces violences et des progrès réels pour prévenir des phénomènes qui représentent le plus brutal de l'inégalité existant dans notre société.

Il est cependant regrettable que le gouvernement et l'UMP soient revenus sur un amendement pourtant retenu par la Commission qui attribuait une carte de résidente aux femmes étrangères victimes de violences de la part d'un conjoint déjà condamné pour ces faits.

Cette loi est appliquée de façon disparate dans les territoires. En Seine-Saint-Denis, par exemple, un département où existe un observatoire des violences faites aux femmes, il y a eu des ordonnances de protection des victimes. Ailleurs, dans d’autres départements, les ordonnances de protection arrivent trop tard ou pas du tout.

Il y a aussi un manque de formation des acteurs de justice, de sensibilisation du grand public, et encore beaucoup à faire pour que la loi soit appliquée. Ce qu’il faut donc c’est une loi-cadre contre les violences faites aux femmes, comme en Espagne. Une loi qui touche à tous les aspects des violences : la santé, l’éducation, la justice, le travail, la communication…

Il faut mettre en place des campagnes d’information et de sensibilisation pérennes pour le grand public et une éducation non sexiste à l’école et au lycée. Pour les femmes étrangères victimes de violences, il faut la délivrance ou le renouvellement dans les plus brefs délais de leur titre de séjour et le statut de réfugiée pour toutes femmes demandant l’asile pour cause de violences

Je m’engage contre les violences faites aux femmes.

 

Sergio Coronado

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.