Vers une adoption de la loi Hadopi… ?


Lundi, 17 Août, 2009
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Hadopi... Tout internaute un peu soucieux, qu’on ne piétine pas ses libertés et sa vie privée, connaît maintenant ce mot, et les lourdes conséquences qu’il transporte.

50 000... c’est le nombre par an de coupures de l’accès à internet que le gouvernement s’obstine à afficher comme lugubre objectif.


Que le Conseil Constitutionnel estime qu’ "Internet est une composante de la liberté d’expression et de consommation" ne semble pas affecter le gouvernement qui n’a désormais plus à faire la démonstration de ses capacités d’obstination.

Nous sommes nombreux à l’avoir dit et redit : toute tentative visant à verrouiller le web, par quelque moyen que ce soit, technique ou législatif est vouée à l’échec. Non seulement la censure va à l’encontre, de la nature même du web, mais elle est et sera toujours dépassée et contournée. Et il est heureux de voir ceux qui ont fait le web intervenir dans le débat pour le rappeler :

 Tim Berners-Lee, l’inventeur du World Wide Web (plus précisément le protocole HTTP et l’hypertexte) qui déclare dans un débat organisé par la BBC : "Internet doit être comme une feuille de papier. Tout comme les pouvoirs publics ou une entreprise ne peuvent pas imposer de règles aux gens sur ce qu’ils peuvent écrire sur cette page, les internautes ne peuvent pas être limités dans la manière dont ils veulent utiliser le web" avant de rajouter très justement : "Au fil des années l’Internet saura contourner la censure et la liberté triomphera mais ce ne sera pas un chemin facile" (Source : Numerama)

 Richard Stallman, fondateur de la licence GNU (qui a posé les premières pierres du mouvement du Libre) s’est exprimé lors de sa conférence aux RMLL (Rencontres Mondiales du Logiciel Libre, cette année à Nantes), avec la pertinence qu’on lui connaît : "attaquer le partage, c’est attaquer la société". (Source : ZdNet)

Vers une adoption de la loi... ?

La deuxième mouture de la loi Hadopi qui présente comme la première, de nombreux points d’inconstitutionnalité (voir l’intervention de la Sénatrice Alima Boumediene-Thiery sur (Numerama), pourrait néanmoins être adoptée. En cause : le Parti Socialiste qui pourrait ne pas se mobiliser pour réunir les soixante Députés nécessaires pour saisir le Conseil Constitutionnel. Le PS avait déjà traîné des pieds afin de se positionner clairement contre la loi, laissant les deux députés Christian Paul et Patrick Bloche, se battre seuls à l’Assemblée Nationale, avant de saisir finalement le Conseil constitutionnel en cédant à l’ampleur du mouvement de contestation. On ne peut que s’interroger sur les raisons d’un tel renoncement, alors qu’en pleine "refondation", il serait de bon ton pour le parti de faire preuve, pour une fois, de responsabilité devant la société.  Il est, en effet, du devoir d’un parti qui se réclame "de l’opposition" de faire entendre la voix des citoyens à un gouvernement sourd et d’appuyer ses deux députés mousquetaires qui ont accompli un travail titanesque et l’ont défendu avec un courage exemplaire.

Si le parti socialiste ne se reprend pas très vite il doit s’attendre à ce qu’on retienne de lui qu’il a sacrifié les libertés de tous pour le confort de quelques amis du show-business et de perde toute forme d’une crédibilité déjà bien fragile...

Par amour du cinéma et des libertés.

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