Parler la langue des images


Mardi, 19 Mars, 2013
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Carolina Maciel de França est spécialiste en sémiologie et en observation des médias. Elle réagit à la proposition Culture-Médias.

 
 Selon moi la représentation d'une image est un phénomène linguistique : la langue des mots et la langue des images. La création des images est un phénomène complexe : idéologique, historique et social. Ce n'est pas le résultat d'un individu, mais le résultat d'une production collective. Cela commence sous la forme d'une manifestation marginale et cela fini par prendre le pas sous la forme d’un phénomène hégémonique. Les images que nous recevons tous les jours finissent par devenir quelque chose que nous considérons comme normal. Il est pourtant important de se dire que ces images sont des productions. Prenez par exemple Melissa Theuriau. Elle est la parfaite représentation de nos présentatrices télé : elle est blanche, elle est belle et elle représente ce qu'on attend d’une présentatrice télé. Et pour montrer qu'il s'agit d'une hégémonie, il suffit de constater les résultats qu’offre une recherche sur Internet, pour les termes « présentatrices de télévision ». Les pages de résultats sont éloquentes et confirment la surreprésentation des femmes blanches. 

Les médias ont un impact important sur nos sociétés, car ils définissent un temps indépendant, libre et objectif. C’est la raison pour laquelle leur pouvoir sur la société est si grand.  Mais cela dit les médias produisent finalement des images consensuelles, culturellement consensuelles et qui structurent notre manière de percevoir notre société.  

Pour résumer, je dirais qu'il ne faut pas sous-estimer la constitution de l'image. C'est un instrument très puissant. Qui agit même sur l’expression démocratique. La démocratie ce n'est pas seulement des élections, mais un état d'esprit. C’est pour cela que nous devons restaurer ses valeurs. Car il n’y a pas d'intégration culturelle sans intégration socio-économique. Carolina Maciel de França    


Carolina Maciel de França

Carolina a commencé à travailler en tant que bénévole pour l’association antiraciste flamande Kif Kif en janvier 2010. Elle y participait à des ateliers sur le journalisme et les médias et en gérait le site internet. En avril 2011, elle est devenue permanente de l’association en tant spécialiste du pôle média.

 

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