La Presse en marche vers les banlieues


Mercredi, 1 Août, 2012
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Pote à Pote n°36, Novembre 1998

De la marche des Beurs 1983 aux émeutes de Vaulx-en-Velin en 1990, beaucoup d’encre a coulé sous les ponts.

La marche des jeunes issus de l’immigration est née au mois de juin 1983 sur un lit d’hôpital.

Le matin, quotidien aujourd’hui disparu, raconte le 02/12/83 : « Un policier avait tiré sur Toumi a eu l’idée de faire une marche. Comme Gandhi, comme Martin Luther King » Soutenue par le prêtre Christian Delorme, la marche débute au mois d’octobre à Marseille et finira à Paris le 3 décembre avec 100 000 manifestants battant le pavé.

Sur le revers de leur veste, ce badge : Rengainez...Nous arrivons.

 

Bien des journaux soulignent l’accueil positif apporté à la marche, le soutien des intellectuels, des chercheurs, des communautés religieuse. Et insistent sur la réussite d’un pari non violent. C’est aussi l’époque ou Olivier Stirn député UDF Du calvados, proposait « d’associer les parlementaires à une sorte de charte des droit des étrangers qui recueillerait l’unanimité des députes (interview au Monde) ,ou, pour les partis de gauche, « cette marche, par sa volonté de rassembler immigrés, générations issues de l’immigration et Français, montre la voie du dialogue entre les communautés (Le Monde).Libération titre sur « Le devenir métis de l’humanité ».Et pour, preuve photogénique étale sur ses pages des portraits de jolies Beurettes typées à souhait. Derrière l’esquisse du mouvement beur, la presse de gauche a compris le coup et dessine les contours de la mode beur. Parfois une confusion s’installe : si certain journaux parlent de Beur restera le préféré des médias, malgré l’appellation initiale, par les organisateurs, de marche pour l’Egalite.

 

En 1990 à Vaulx-en-Vlein, des émeutes éclatent .Après le vivre vite des années. 80, on s’attaque aux visible et inaccessible biens de consommation. Les gros titres des journaux en disent long : Quelle police pour les Banlieues ?(Le nouvel économiste), Ces banlieue qui font peur à la France(Le point), La poudrière des banlieues fait son apparition dans les médias comme territoire de violence. Le point cerne un quartier en titrant sur des chiffres : la moitié de la population âgée de moins de 25ans, 40% d’origine maghrébine, près de 20% des habitant au chômage, 50% de non-imposables,45% d’abstentions aux dernières municipales. A savoir : jeunes arabes, ne rapportant rien à la société, niquant la citoyenneté. Le tour est joué, il ne s’arrêtera pas la !

 

 

Dahmane Boukelif

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