Daniel Goldberg, les emplois fermés au progrès


Lundi, 15 Novembre, 2010
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A l'origine d'une loi visant la suppression de la condition de nationalité, le député P.S., Daniel Goldberg, pointe le paradoxe, l'injustice, et toute l'ignorance inhérents aux emplois fermés, qui relèguent la France derrière la Belgique et le Royaume-Uni.

Dolpi : Au sujet de la discrimination institutionnelle opérée à travers les emplois fermés, les emplois interdits aux ressortissants hors UE, où en est la République Française ?

Daniel Goldberg : La culture de bienvenue, ce n'est pas le + en vogue dans notre pays. La France n'est pas très avancée sur ces sujets-là. Il y a eu une amélioration dans le cadre de la loi HSPH, où le secteur libéral s'est ouvert un peu aux non-communautaires : ils peuvent exercer à condition d'avoir fait leurs études en France. Mais si elle passe son diplôme d'infirmier français, je ne vois pas pourquoi une Vénézuellienne ne pourrait pas exercer à titre principal. Encore aujourd'hui, elle n'aura pas le même statut alors qu'on le sait : nos hôpitaux fonctionnent déjà avec des statuts vacataires.

 

Dolpi : Daniel Goldberg, député P.S. de Seine-Saint-Denis, vous avez été le rapporteur pour la commission des lois d'une proposition de loi visant à supprimer les conditions de nationalité pour certaines professions, que s'est-il passé?

Daniel Goldberg : Le sénat avait adopté ce texte à l'unanimité en février 2009, le groupe UMP de l'Assemblée nationale l'a rejeté totalement en juin. Encore aujourd'hui, pour être membre du comité d'une publication destinée à la jeunesse, faut être français, par exemple. C'est la même chose pour la fonction publique. Et là, c'est 5 millions de postes. Pour préparer le projet de loi, j'ai vu plusieurs professionels, notamment les architectes. Eux m'ont parlé des accords qu'ils avaient avec les architectes du Togo, accords qu'ils ont depuis 20 ans !

 

Dolpi : En gros, ce sont les députés qui sont en retard sur la réalité. Mais alors : quels sont les arguments de ces opposants au progrès ?

Daniel Goldberg : Rien. Il n'y pas vraiment d'arguments. Ca parle de préférence nationale, mais bien souvent, les gens ignorent, ne savent pas, ne connaissent pas le sujet. Les seules discussions possibles, c'est avec Thierry Mariani (député UMP du Vaucluse, et nommé le 14 novembre dernier secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'écologie), lui, défend l'idée d'une "citoyenneté européenne"... Mais c'est en regardant les exemples européens qu'on peut décripser ce sujet. Comme avec la Communauté de Bruxelles, et le Royaume Uni, et leurs avancées sur la levée de la condition de nationalité dans la fonction publique.

 

 

Propos recueillis

par dolpi

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